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                                LA CREUSE

                                EN MARCHE

                        nouveau livre

 

 

 

                                                                                202 pages, 15 €

 

Nombre de Creusois ont travaillé depuis le XIXe siècle à étudier les anciens textes marchois, à fouiller les archives, à publier les résultats de leurs études.

Du travail de recherche mené par l’auteur, il en ressort que la référence à une supposée « civilisation occitane» n’est pas confirmée en Creuse, ni en terme de  troubadours, ni en terme de langue occitane comme langue administrative en Creuse au Moyen Age, ni en matière de droit, etc.

Il existe par contre une réalité historique et culturelle marchoise qui caractérise profondément la Creuse et qui la différencie totalement des pays limousins et occitans.

L’exemple de la migration marchoise acquise aux idéaux républicains est frappant tant il est à l’opposé des Renaissantistes provençaux qui, à la même époque, développent une défiance à l’égard de la République en prônant un retour à la tradition d’oc inspirée des troubadours.

 

Saviez-vous que l’emploi du français dans la Creuse est monnaie courante au Moyen Age pour les textes administratifs (sénéchaussée, terriers, actes divers, etc.) ?

Saviez-vous que si on n’a aucune preuve de l’existence de troubadours en pays marchois, on est par contre certain qu’Hugues X, comte de la Marche, a bien été trouvère ?

Saviez-vous que les textes les plus anciens écrits en « patois » de la Creuse datent de 1586, qu’ils ont été édités à Paris au sein d’un recueil de poésie française (deux quatrains en « patois »).

Placée entre les civilisations d’oïl et d’oc, la Marche occupe depuis des siècles une situation bien particulière : ce livre est là pour le démontrer.

 

L’auteur :

Jean-Michel Monnet-Quelet est enseignant et mène des recherches linguistiques et historiques dans le domaine marchois (Creuse, Haute-Vienne, Cher, Indre, Allier, Charente et Vienne).

 

 

 

 

pour consulter le sommaire et la bibliographie, cliquez sur la vache marchoise

 

 

Pourquoi la Creuse n'est ni limousine nioccitane : cliquez sur l'image     

 

La Basse Marche, tiers nord de la Haute Vienne : cliquez sur l'image     

 

 

 

 

 

 

                                                    Librairies où vous pouvez vous procurer cet ouvrage :

 

à Guéret

La Maison de la Presse, 7 place Bonnyaud

Librairie Aux Belles Images, 20 rue Eugène France

Centre culturel Leclerc, 36 avenue du Berry

Le Balto, 3 place du Marché

 

 

à Dun-le-Palestel

Librairie Feugère, rue des sabots

 

à Ahun

Librairie Gibert

 

à Aubusson

Librairie la Licorne

 

 

pour commander (chèque de 15€ à l'ordre de MONNET - frais de port compris) :

écrire à l'auteur

JM Monnet-Quelet, 15 rue de la Gartempe, 23320 Saint-Sylvain-Montaigut

 

 

 

                                                                      

 

 

Jean-Michel Monnet-Quelet à fait une communication devant la Société des Sciences de la Creuse le 17 mars 2012 sur le thème "traits linguisqitques communs au parler marchois et au "patois" parisien présent dans la littérature au XVIIe siècle".

  

 

                                                                saisie d'écran du site de la SSNAHC.

 

 

 

                                                               Lu dans la presse

 

 

       

  

  

 

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autre ouvrage :

 

LE MARCHOIS

 

Jean-Michel Monnet-Quelet, Le marchois, une langue entre oïl et oc :

traits linguistiques communs avec le morvandiau

 

pour télécharger l'article publié dans la revue Confluents N°29 d'août 2011, cliquez ICI

 

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Le Marchois, enquête sur un « patois » parlé en Creuse, 2011

 

Lu dans la presse

 

 

 

reproduction de l'article du journal La Montagne (mardi 5 juillet 2011)

 

Racines

Une enquête argumentée sur un « patois » parlé dans la Creuse

 

 

Le Marchois, une langue bien distincte

 

Le Marchois n’est pas l’Occitan. Jean-Michel Monnet-Quelet ne reconnaît pas le patois de son enfance dans les ouvrages récents d’auteurs occitans. Alors, il a mené sa propre enquête avec la volonté de réhabiliter une langue minorée par les Creusois eux-mêmes.

Jean-Michel Monnet-Quelet, ancien élève du Lycée Pierre Bourdan de Guéret, aujourd’hui enseignant spécialisé dans un collège de Carcassonne, a grandi dans la Creuse à Saint-Silvain-Montaigut où il passa ses vacances.

 

Pas un sous-dialecte

« Je ne suis pas un occitaniste ni un régionaliste mais je m’intéresse à mon terroir. J’ai conduit des recherches pour essayer de comprendre pourquoi je ne me reconnais pas dans la littérature actuelle occitane ».

Jean-Michel Monnet-Quelet s’est d’abord plongé dans les écrits du XIXe siècle. Il s’est livré à des comparaisons. Il a concentré son travail sur la moitié nord du département, sur le territoire du Marchois. Il vient ainsi de publier Le Marchois, enquête sur un « patois » parlé en Creuse.

Pour l’auteur, le Marchois, influencé par les langues d’oc mais aussi par les langues d’oïl, possède ses propres particularités. Il est parlé dans la moitié nord de la Creuse actuelle mais aussi dans le tiers nord de la Haute-Vienne ainsi que dans une petite partie de l’Allier, du Cher, de l’Indre, de la Vienne et de la Charente.

Jean-Michel Monnet-Quelet a conduit une démarche rigoureuse qui débouche sur un livre enrichi de tableaux. Il propose ainsi une sorte de voyage à travers le temps et l’espace « un voyage au pays des mots et des sonorités creusoises, au pays des maçons ». Son objectif est, en renouant avec la réalité d’une langue menacée d’assimilation par l’occitan, de montrer qu’elle n’est pas un simple sous-dialecte  au sein d’un « hypothétique territoire d’oc ».

Jean-Michel Monnet-Quelet, tout en étant très méthodique, a veillé à s’adresser au plus grand nombre.

 

Robert Guinot

 

        Où acheter ce livre ?

Jean-Michel Monnet-Quelet, Le marchois, enquête sur un "patois" parlé en Creuse

190 pages - 21x29,7 cm - 20 € - Etudes marchoises - Mars 2011

 

A Guéret : Maison de la Presse - 7 Place Bonnyaud - prix 20 € 

 

Par correspondance : écrire à Jean-Michel Monnet-Quelet, 15 rue de la Gartempe 23320 Saint-Sylvain-Montaigut - 20 € + frais de port au choix : 4,05 € (tarif lettre) ou bien 6,80 € (Colissimo) pour la France métropolitaine.

Chèque à l’ordre de MONNET (sans autre mention SVP) 

  Face au succès du livre, un troisième tirage est en cours.

            

 

 

Préambule extrait du livre :

"Ce livre est né d’une interrogation : pourquoi ne m’était-il pas possible de reconnaître dans les ouvrages récents d’auteurs occitans le « patois » que j’avais entendu enfant et que j’avais étudié adolescent ? Et pourquoi affirmaient-ils que la Creuse faisait partie de l’Occitanie alors qu’elle est historiquement et culturellement marchoise ?

De cette interrogation est née une recherche qui n’avait pour but que de confirmer ou d’infirmer mes hypothèses. Au tout début, j’ai découvert le travail de Maurice Roy qui fut instituteur à Fresselines et qui, grâce à son travail sur le « patois » local, me confortait dans mon approche : le marchois parlé dans la moitié nord de la Creuse est certes influencé par des langues d’oc (le haut-marchois du sud de la Creuse et le limousin parlé en Haute Vienne, en Corrèze, etc.) mais il l’est aussi par des langues d’oïl (poitevin, santongeais, tourangeau, etc.) et possède ses propres particularités.

Loin d’être réduit à un péjoratif sous-dialecte d’oc, le marchois, qui est aussi parlé dans le tiers nord de la Haute Vienne, dans une petite partie de l’Allier, du Cher, de l'Indre, de la Vienne et de la Charente, est plutôt une langue intermédiaire comme l’est le francoprovençal (région de Lyon, etc.), une langue mitan-romane pour reprendre un mot utilisé en pays marchois (mitan = milieu). Le terme que nous employons est langue marchoise,  « patois » est lui utilisé par les locuteurs eux-mêmes et, pour eux, son sens n'est jamais péjoratif. C’est pour cela qu’il pourra être utilisé dans cet ouvrage mais avec des guillemets.

Voici le résultat de cette recherche. C’est à un voyage à travers le temps et l’espace que je vous invite, celui de l’histoire de la Creuse qui occupe aujourd’hui une grande partie du territoire de la Marche, comté puis province située entre les pays d’oïl au nord et les pays d’oc au sud. Un voyage au pays des mots et des sonorités creusoises, au pays des maçons dont j’ai eu l’honneur de faire modestement partie.

« Les Marchois n’étaient guère compris des vrais Limousins, éloignés de quelques kilomètres à peine, pas plus que des habitants des pays d’oïl, Poitevins ou Berrichons. [1]» a écrit en 2000 Alain Corbin, historien spécialiste du XIXe siècle en France.

  

                     

Réfuter l’idée d’une langue d’oc en pays marchois implique une remise en question d’ouvrages récents réalisés par des tenants d’une langue, d’une culture occitane en Creuse. Que ces auteurs ne se sentent ni agressés ni attaqués personnellement par cette remise en question : c’est le fondement même d’une démarche scientifique que de reprendre les hypothèses précédentes et de les confronter à la réalité.

Pour ce faire, la rencontre avec des locuteurs était un passage obligé qui fut fort agréable et fort instructif tout comme la consultation de textes anciens originaux  n’ayant pas eu à subir une réécriture par le biais de la graphie occitane « alibertine » mise au point aux milieu du XXe siècle dans le Languedoc et servant depuis de norme aux occitanistes qui se sont intéressés à la Creuse.

Afin de rendre ce travail de recherche un peu moins « scientifique », les termes techniques de la Linguistique ont été expliqués et leur usage limité. De plus, de nombreux mots sont étudiés et analysés dans des encarts grisés. Ils attestent des liens de parenté du marchois avec des langues d’oïl et avec le vieux français".


[1] Alain Corbin, Archaïsme et modernité en Limousin au XIXe siècle, 1845-1880, PULIM, 2000

 

 

                                          Lire des extraits de cet ouvrage ? Cliquez sur les icônes

 

                                                                                           

                prénoms                toponymie marchoise         vocabulaire          la Creuse est marchoise

 

 

 

 

L'auteur

 

Jean-Michel Monnet-Quelet est enseignant spécialisé auprès d’élèves de collège en difficultés scolaires.

Après avoir arrêté ses études et être devenu manoeuvre en maçonnerie à Saint Vaury, il reprend sa scolarité au Lycée Pierre Bourdan de Guéret et, une fois son BAC littéraire obte-nu, il étudie les Lettres Modernes avant d’intégrer l’Ecole normale (il est par ailleurs diplômé en Histoire de l’Art).

Ses origines familiales prennent racine du côté maternel dans le pays de Guéret (canton de Saint Vaury) et du côté paternel en Combraille.

Il a coutume de dire que le peintre Dali s’est lourdement trompé : le centre du monde ne se trouve pas à la gare de Perpignan mais bien dans son village où coule la Gartempe…

 

 

 

 

                                                 

 

LE MARCHOIS

 

« La vérité est que les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne ont chacun leur dialecte occitanien distinct et resserré dans leurs limites géographiques et politiques, sauf quelques modifications aux environs des frontières. Quant aux départements de la Charente, de la Vienne, de la Creuse, et, à plus forte raison, du Cher et de l'Indre-et-Loire, ils ont des patois tout différents appartenant à la langue d'Oil. »

Émile Ruben in Foucaud, Poésies en patois limousin,1866.

 

« (…) les Marchois ont très nettement conscience d’avoir une identité linguistique propre et différente des Berrichons au Nord et des Limousins méridionaux au Sud. »

Nicolas Quint, Actes du colloque Jeunes chercheurs en domaine occitan, AIEO, 1998.

 

 

Ici,

pas de revendication nationaliste,

pas d’impérialisme marchois ou d’envie d’annexion « territoriales »,

pas de « Front de Libération Nationale de la Marche »,

pas de sous-entendu raciste ou xénophobe,

pas de nostalgie passéiste des provinces royales,

pas de fantasmes malsains (« la terre ne ment pas » affirmait Pétain).

Le drapeau n'est qu'une commodité, pas un emblème au nom duquel il faudrait se battre.

 

 

 

Les langues régionales présentent un réel intérêt dans le domaine linguistique, même si elles ne sont, le plus souvent, qu'utilisées pour la vie quotidienne et dans un espace restreint. A ce titre, elles méritent d’être sauvegardées, pratiquées même si elles sont globalement employées par les habitants des zones rurales âgés de plus de 50 ans. Tous ces locuteurs étant francophones, leur utilisation a tendance à décliner.

C'est hélas le cas du marchois.

 

Pour autant, il ne faudrait pas, en se cachant derrière l’Europe qui défend les langues minoritaires, reconstruire la tour de Babel. Le français, grâce à la Révolution de 1789, est devenu une langue commune qui a permis de rapprocher les hommes au lieu de les diviser même si cela s’est fait parfois à marche forcée…

                   

Si le Marchois présente des traits communs avec des parlers de langues d'oïl et d’oc, il n'en est pas pour autant un mélange mais constitue une langue distincte avec un lexique qui lui est propre. Le français peut ressembler à l'italien et à l'espagnol et ce n'est pas pour autant un mélange des deux.

L'aire linguistique du marchois ne correspond pas exactement à l'ancien comté ou à l'ancienne province puisqu'il est parlé aux confins de la Charente ou bien encore que langue d'oc l'a influencé dans l'extème sud de la Creuse.

Défendre le marchois n'est donc pas une démarche régionaliste, plutôt le besoin et l'envie de lui redonner, ainsi qu'à ses locuteurs, dignité et reconnaissance.

Après avoir été éclipsé par le français à partir du XIXe siècle, voilà cette langue menacée d'assimilation par les tenants d'un occitan "impérialiste".

Longtemps les Marchois ont minoré leur langue, ne lui accordant qu'une reconnaissance limitée, la considérant comme un faux patois au regard du français.

Aujourd'hui, l'occitan tend à se nicher dans le nid et à l'en chasser, la considérant comme un sous-dialecte... 

 

 

Le marchois n’en garde pas moins son identité propre : ette différence avec l’occitan limousin et les langues d’oil sera souligné par le linguiste Nicolas QUINT qui explique que « De l'avis général, le parler de Saint-Priest ne permet pas l'intercompréhension avec le limousin, et il est aussi distinct des parlers du Berry, plus au nord ». Nicolas QUINT, page 2, lignes 4-5-6 du paragraphe 2 in Le parler Marchois de Saint-Priest-La-Feuille (Creuse).

 

 

                 

 

Le Marchois présente donc certaines ressemblances avec des langues d'oil (le français, le bourbonnais, le poitevin, le berrichon) et des langues d'oc (le limousin) : ces ressemblances tiennent à la fois à leur parenté (toutes ces langues sont romanes) et à leur proximité géographique.

 

L’avancée du français a été plus rapide dans la partie nord de la Marche (Indre, Cher) comme en témoigne ce passage extrait de la Revue Confluent éditée à Crozant : « Nos villages parlaient patois, un peu plus au nord à Chantôme [Indre], on disait avec fierté : « les Marchoués y causions patoué, nous, on causions français »

Huguette Lasnier, Revue Confluent, décembre 1999, association E.R.I.C.A. (Crozant)

 

 

              

                                                      Carte IGN (ajout en rouge de la Marche par nos soins)

 

 

Cette carte, réalisée par l'IGN (Institut géographique national) permet de situer la zone intermédiaire oil/oc qui correspond, dans sa moitié gauche, à l'ancien territoire de la Marche où l'on parle le marchois.

Il s'agit des parties :

- sud-est du Bas Poitou (Vienne et Charente dont certaines parties du territoire furent marchoises),

- sud du Bas Berry (Indre et Cher. Là encore, une partie de leur territoire fut marchois),

- nord de la Haute Vienne (Basse Marche),

- la moitié nord de la Creuse (Haute Marche).

 

 

 

 

LE HAUT-MARCHOIS

 

La moitié sud de la Creuse parle  le haut- marchois, dialecte d'oc (le limousin est lui parlé du côté de Bénévent et Bourganeuf et ne représente qu'à peine 20% du territoire creusois).

 

« (…) dans la partie sud de la Haute-Marche une ligne, passant par le sud de Royère, Felletin et Crocq, détermine une zone de montagne où l’altitude dépasse 500 mètres (…) C’est aussi la limite des possessions anglaises du Moyen Age, des pays de droit écrit sous l’Ancien régime et du patois du sud issu de la langue d’oc. C’est une zone aux maisons de type méridional. »

Michel Boucher, Joëlle Furic,  la maison rurale en Haute Marche – contribution à un inventaire régional, éditions Créer, 2005.

 

«  le sud est montagneux avec hivers rudes aux paysages sévères (...) »

« La partie Sud de la Creuse; saignée à blanc par une émigration ancienne et continue ne retient que difficilement une faible population laborieuse et défavorisée, à l’extrême sud le Plateau des Mille vaches fait aujourd’hui figure de désert ouvert à l’exploitation touristique et forestière. »

Jacques Chauvin et Jean Pierre Baldit, introduction aux Contes populaires du Limousin "la Haute Marche", revue Lemouzi -N° 118, 1991.

 

 

Pour le linguiste Creusois Antoine Thomas, le dialecte du sud-est du département « forme la transition entre les patois » du haut Limousin et de basse Auvergne, et, pour en arriver à cette conclusion, il s’est livré à une étude approfondie de ce dialecte.

Thomas place clairement le sud de la Creuse dans le domaine de la langue d’oc mais il apporte des nuances aux affirmations du docteur Vincent, "savant" Creusois qui prétendait qu'on parlait "auvergnat" en Creuse. S’il partage avec lui le fait que le « patois » du sud-ouest est une variété du haut-limousin (il prend comme repère la commune de Pontarion), il diverge en ce qui concerne l’aire linguistique où l’on parlerait « auvergnat » symbolisée par Aubusson. En effet, il nomme ce dialecte le haut-marchois qu’il définit ainsi : « (…) le patois de l’est un sous-dialecte indépendant que l’on pourrait appeler haut-marchois, intermédiaire entre le haut limousin et le bas-auvergnat, comme le sous-dialecte marchois l’est entre la langue d’oc et la langue d’oïl ».

Le décor est donc posé dès le XIXe siècle par un scientifique de formation originaire de la Creuse : on parle limousin dans une petite partie du sud-ouest de la Creuse, autour de Bénévent-Bourganeuf et, dans le sud/sud-est, il s’agit du haut-marchois, dialecte intermédiaire entre le limousin et l’auvergnat.

 

 « Le patois que parlent les habitants de ce département offre quelques nuances locales : il est dérivé du celtique et du latin et est assez différent, ainsi que je me propose de le faire voir, du patois limousin » expliquait déjà Joullietton en 1814 dans son Histoire de la Marche et du pays de Combraille.

 

Un fait historique, géographique et linguistique

L'idée que le marchois et le haut-marchois sont pour l'une langue et pour l'autre un dialecte d'oc en tant que telles et que le haut-marchois est parlé essentiellement dans l'ancienne Marche n'est pas nouvelle.

Albert Dauzat est un linguiste né en Creuse (à Guéret) et décédé en 1955. Ses travaux, considérés comme pionniers, font toujours autorité et un prix portant son nom est attribué par la Société française d'onomastique pour récompenser un travail de toponymie (nom de lieu) ou d’anthroponymie (nom de famille).

Directeur de section à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), fondateur de la revue de linguistique Le Français moderne, Dauzat a publié de très nombreux livres dont La géographie linguistique (Flammarion, 1922) et Les Patois, Evolution - Classification - Etude (Delagrave, 1927).

Dans ce dernier ouvrage, Dauzat publie un certain nombre de cartes et la N°6, Répartition actuelle des principaux groupes de dialectes, présente ces différents dialectes :

 

                                                

 

On constate sans difficulté que le marchois est bien dictinct du limousin et qu’il occupe grosso modo le territoire de la Marche, incluant la Creuse et le nord de la Haute Vienne.

 

Scientifique de formation et spécialiste de l’auvergnat parlé en Basse-Auvergne proche de la Creuse, Dauzat n'aurait pas pu passer à côté d’une langue auvergnate si elle avait été parlée dans notre département...

 

 

 

 

La Marche :

une réalité historique

et linguistique

 

La Marche a été un comté pendant huit siècles, une zone tampon entre les pouvoirs du Poitou et du Berry face au LimousinC'était aussi une marche au plan linguistique, entre la langue d'oil plus au nord et la langue d'oc plus au sud.

Dans la Marche, les habitants parlaient le marchois (langue romane) ou le haut-marchois (dialecte d'oc). Tout simplement.

 

La Marche était constituée de deux parties : la Basse-Marche et la Haute-Marche.

 

Les comtes de la Marche sont les vassaux des comtes du Poitou mais « Ils vont peu à peu se tailler aux dépens des seigneuries voisines un comté sur lequel ils exercent dès le Xème siècle des prérogatives de puissance publique. A partir de cette période, l’unité limousine va être rompue et la Marche va désormais évoluer indépendamment du reste du Limousin.»

Christophe Jamain, Le département de la Creuse, ses origines et sa pérennité, PULIM, 2000.

 

 

La Basse-Marche est située en partie dans le nord de la Haute-Vienne  au-delà des Monts de Blond (considérés par Frédéric Mistral, le célèbre écrivain chantre de l’occitan, comme étant les limites de la langue d’oc), en Poitou, au sud-est de Montmorillon dans la Vienne, l'ouest de la Creuse (La Souterraine) et, dans une moindre mesure, en Charente à l'est de Confolens.

La Basse-Marche est une zone de transition entre, à l’est, les  contreforts du Massif Central et, à l’ouest, les riches plaines sédimentaires du Poitou et les plateaux du Limousin. Elle est traversée d’est en ouest par la Gartempe qui suit son cours le long de ces basses terres. La rivière La Vienne cadre a peu près le côté sud du Comté.

La zone géographique occupée par la Basse Marche est intéressante puisque Charroux, première capitale de la Marche, est quasi sur le même alignement que Bellac ou Le Dorat (ancienne capitale de la Basse Marche et distante de seulement soixante km à l’est) et que Guéret à 65 km encore plus à l’est.

 

La Haute-Marche englobe le département de la Creuse, une partie du Berry (dans sa partie sud proche de la rivière Creuse comme Aigurande ou Le Blanc) et un cinquième du Cher où se trouvent les Monts de la Marche. En ce qui concerne le Bourbonnais (département de l'Allier), si Gouzon, qui en faisait initialement partie, a été intégrée à la Marche, il n’y a pas à notre connaissance de documents qui précisent qu'elle s’y soit étendue même si certains historiens ont avancé l’idée que Montluçon aurait pu en faire partie. Pour autant, à 7,5 km d’Evaux-les-Bains (Creuse), se trouve une commune de la Combraille, la Petite-Marche, dont les 215 habitants (recensement de 1999) s'appellent les… Marchois(es) !

 

            

Le marchois face à l'occitan

Les langues romanes sont nées, se sont développées parallèlement les unes aux autres et ont pu et s’enrichir mutuellement aux zones de contact.

On sait que l'immense majorité des langues du monde n'ont pas été écrites (les langues gauloises par exemple), elles étaient d’abord un mode d'expression oral.

Le marchois se parle dans une zone défavorisée au plan démographique et économique. Il n’a pas bénéficié d'une littérature suffisamment  importante pour le promouvoir. Pour autant, il a existé et il existe encore...

Joullieton, son Histoire de la Marche, raconte que pendant la période révolutionnaire, un bataillon composé de creusois reconnut dans un village des bords du Rhin la langue qui y était parlée : c’était du marchois !

Il s’agissait de descendants des proscrits protestants de 1685 (révocation de l'édit de Nantes), vraissemblablement venus de la région d’Aubusson, qui continuaient à parler leur langue maternelle.

 

 

Au Moyen Âge, l'occitan a été une langue au service d'une communauté humaine et d'une culture importantes, la langue lyrique des troubadours, utilisée aussi sur un plan juridique ou administratif. Elle est riche d'une culture et d'une littérature à la fois ancienne et moderne.

Il en va de même pour le français bien sûr.

Pour autant, il n’existe aujourd’hui aucun hégémonisme linguistique de la part de militants de la langue d’oil qui est reconnue comme n’étant pas unifiée mais composée de multiples langues (le français, le wallon par exemple).

Il n’en va pas de même pour l’occitan avec, comme l'écrivait l'écrivain occitan René Merle, ses « missionnaires laïques » (L’Identité occitane, brouillage de l’opposition de classe - Actes du Colloque international A.I.E.O et C.I.D.O, 1986).

 

La faible importance d’écrits en Marchois permet aujourd’hui à certains occitanistes de tenter d’imposer leur graphie et leur orthographe alors qu’ils ne correspondent en rien au marchois. Cette norme, développée uniquement au XXème siècle et indépendamment des locuteurs directement intéressés, est aujourd'hui prépondérante en Languedoc et dans toute l'Occitanie.

L’occitan est donc devenu synonyme de languedocien…

 

Cette fragilité le met à la merci d’une volonté d'absorbtion occitano-languedocienne.

Passé du statut de « patois » avec la suprématie du français, le voilà devenu « sous-dialecte occitan ».

 

Toutes les études socio-liguistiques de terrain semblent démontrer qu'il n'existe aucune identité commune à l'ensemble du territoire « occitan » et que toutes les langues  sont dotées d’une richesse socio-linguistique complète leur permettant d’être des  langues autonomes. 

« Certains linguistes croient que ces différentes formes d'occitan sont relativement intelligibles entre elles. D'autres, comme le linguiste Jean Lafitte, considèrent que l'intercompréhension n'est pas si aisée et qu'elle repose sur une idéologie bien plus politique que sur les résultats d'études sérieuses. » Site de l’Université de Laval (Canada) consacré à la linguistique.

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Europe/france-1demo.htm

 

« On comprend ainsi que les notions d’identité occitane, ou méridionale, restent largement virtuelles et ne renvoient, dans les faits, à aucun sentiment éprouvé de communauté. »

Jean-Pierre Albert, Patrimoine et ethnologie dans le Sud de la France, 2003.

 

Dans le Nord de la Creuse proche du Poitou, du Berry et du Bourbonnais, le marchois sera plus imprégné d’oil tandis que dans le Sud, le haut-marchois est lui clairement d'oc.

 

pour autant,  un Brésilien parle le portugais et ce n'est pas pour autant un Portugais.

Un Autrichien, un Suisse,  parlent une langue très proche de l'allemand mais ils ne sont pas allemands.

 

Le marchois conserve luis aussi ses particularités qui lui sont propres et le différencie nettement : ainsi la Creuse n'est pas une terre occitane du fait de sa proximité avec le  limousin occitan, elle est au contraire historiquement et linguistiquement marchoise.

 

Si l'occitanie n'a jamais existé en tant que telle, la Marche, tout au contraire, a été et demeure une réalité.

 

                                                                              

 

Nous sommes donc Marchois. Pas occitans.

Que nous parlions en Creuse le marchois (qui n'est ni d'oc ni d'oïl), le haut-marchois ou bien encore le limousin (dialectes d'oc), il serait terrible de voir se développer et se généraliser en Marche, sous la pression de militants occitans  des écoles occitanes (calandretas) ou des panneaux de signalisation en occitan qui imposeraient une langue, une graphie et une culture venues du sud, sous le drapeau de la croix occitane qui n’a jamais flotté ici et qui gommerait nos racines marchoises, paysannes et ouvrières (maçons, etc…).

 

Certains occitans s’appuient aujourd’hui sur les lois de décentralisation (Deferre 1982 et Fillon 2003) et sur l’Union européenne pour avancer leurs idées politiques d'indépendance: « Cette décentralisation politique, cet anti-jacobinisme idéologique que l’on nous a longtemps présenté comme le remède universel de proximité découvre enfin son visage hideux. La France court à toutes jambes vers une reféodalisation, longtemps rampante, aujourd’hui éclatante. (…) » André Murcie, Incitatus, hebdomadaire des actualités littéraires, politiques et artistiques des pratiques antiques, 2003.

 

Nous avons ici des grillons, pas de cigales.

Nos taureaux se reproduisent dans les près, ils ne finissent pas étrillés dans une corrida.

Nous mangeons un excellent pâté aux pommes de terre (la pomme de terre, on la nomme « tréfla » en marchois et « entrefaga » en occitan).

Le fondu creusois se mange avec du camembert (si, si ! il s’appelle le Gouzon marchois et vient de la ville de Gouzon) et ne ressemble  en rien au cassoulet (par ailleurs fort délicieux).

 

          

 

Non, la Marche est une terre et le Marchois une langue ni plus beaux, ni plus grands, ni plus merveilleux que d’autres.

Pour autant, ils sont bien vivants en plein XXIème siècle, riches de leur passé.

Qu’on soit né ici, qu’on y ait ses racines ou qu’on y vive depuis peu, cette terre est et reste accueillante, loin des excès.

La Creuse est marchoise, qu'on se le dise.

 

 

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